Si cette profession est réellement le pivot de l'organisation des soins vouloir créer une culture commune aux paramédicaux sans y associer 60% de ces représentants est totalement incohérent. Il y a 2 écueils à cette option le nombre et la sélection qui aujourd'hui permet l'intégration de plus de 60% des étudiants en IFSI en post BAC là où ils sont moins de 5% pour les autres métiers. Nous pensons que cette proposition manque de courage et qu'elle doit aller au bout de sa logique. De la même manière exclure, pour des raisons purement organisationnelles, la proposition jugée par tous comme la plus satisfaisante c'est-à-dire l'intégration à la première année des études en santé, est encore un manque d'ambition qui sous couvert de réalisme continue de figer la distance entre médicaux et auxiliaires médicaux. Ne mélangeons pas les ...
Dans le cadre de cette proposition nous sommes circonspects au sujet d'une première année qui ne serait que sélective et qui, de plus, ne doit pas allonger la durée totale de la formation. (cf. la proposition du CNKS sur le curriculum de formation dans Kinéscope 18 et Kinéscope 19). Le risque est grand de réduire de facto le temps d'enseignement et de formation spécifique à chaque métier. Cela doit être pris en compte dans les modalités pédagogiques. Par ailleurs nous faisons le pari que cette sélection va progressivement organiser une « hiérarchie des métiers paramédicaux » préjudiciable à l'objectif recherché c'est-à-dire l'optimisation de la collaboration interprofessionnelle.
Nous pensons que revenir au « cœur de métier » de chaque ministère serait une bonne chose. Le constat du rapport montre bien que l'actuelle tutelle majoritairement impliquée dans l'organisation des professions paramédicales a failli. Ce n'est pas surprenant la formation n'est pas son métier. Il semble plus judicieux qu'avec, toutes les précautions indispensables telle que l'implication réelle des professionnels dans le dispositif, ce soit le ministère de l'éducation et de la recherche qui coordonne le dispositif de formation des professions paramédicales. Les nouvelles dispositions qui favorisent la mobilité entre les fonctions publiques permettant l'intégration des formateurs en santé à l'éducation nationale.
Si nous sommes en accord avec la reconnaissance du grade de master pour les cadres nous rejetons formellement l'assimilation de la formation cadre à une spécialisation. La mission est totalement sortie de son champ d'investigation en abordant ce sujet et à d'ailleurs pris à contre-pied le Rapport de Singly. Le cadre de santé n'est surtout pas un spécialiste. C'est un organisateur et un évaluateur qui par ses compétences managériales s'inscrit dans une logique de nouveau métier. Le problème qui, lui n'a pas été suffisamment abordé, est celui d'une filière de développement professionnel qui à coté de celle des cadres permettraient aux « auxiliaires » qui le souhaitent de devenir des « ingénieurs en santé ». Véritables référents techniques, ils seraient compétents soit sur les fondamentaux soignants du métier, soit sur différentes thématiques transversales telles que l'éducation thérapeutique ou la coordination des soins aux patients.
... à condition de ne pas exclure les paramédicaux de l'enseignement théorique. Revenir au bon vieux temps des « auxiliaires répétiteurs » serait un retour en arrière de 50 ans. Le développement d'une filière de recherche paramédicale doit d'une part favoriser la construction d'un corpus paramédical source de professionnalisation des métiers et d'autre part permettre aux paramédicaux d'assurer l'enseignement pour leurs pairs. La tutelle du ministère de l'éducation serait le bon support pour garantir cette mise en perspective.
... sous réserve de préserver la logique de la première année en santé telle qu'évoquée quelques lignes plus haut.
Tout d'abord que le constat pour notre profession est le plus préoccupant de tous. Nous réussissons l'exploit de cumuler tous les travers dénoncés par le rapport de l'inégalité à... l'obsolescence (Le texte organisant notre formation est le plus ancien de tous : bientôt 22 ans !!!) en passant la multiplication des expérimentations jamais évaluées. A ce titre nous pouvons penser que c'est notre profession qui a le plus à gagner des propositions faites.
En nous inscrivant dans une logique de partage de culture, de développement d'enseignements transversaux tels que la sociologie, la santé publique ou l'éthique et d'organisation de passerelles entre les formations nous pouvons bénéficier des évolutions préconisées par le rapport Domergue sans nous ridiculiser dans la vaine et inutile recherche d'un statut de profession médicale à responsabilité (très) limitée.